Des eaux profondes à la lumière

DES EAUX PROFONDES À LA LUMIERE

 25 SEPTEMBRE 2011

 PAR RAOUL GROSS

Sur le chemin de nos vies, nous venons parfois à nous rendre compte que nous manquons de temps pour nous retirer en nous-mêmes. Au fil des mois et des années, d’habitudes en besoins, d’obligations en engagements, notre emploi du temps se trouve bien souvent rempli au point de ne plus laisser place à l’espace vital que nous voudrions nous réserver avec nous-même, en solitude et méditation.

Faire le point sur sa vie, porter une réflexion sur son mode d’existence, se voir soi-même avec le recul nécessaire, tout cela demande parfois cette mise entre parenthèses de toutes ses activités quotidiennes, pour s’offrir à soi-même un peu de répit, et se donner ce regard de soi à soi.

Ce cadeau que l’on a besoin de se faire de temps à autre nous vient comme un bol d’oxygène à l’heure où l’agitation de nos vies occupe notre temps sans laisser sa part à la tranquille contemplation de sa manière de vivre, de penser et d’être. Ainsi, combien sommes-nous à fonctionner en victimes de notre destin, sans plus pouvoir le diriger, faute d’en avoir pris la mesure d’en prendre les rênes? Pour savoir où l’on veut mener notre vie, encore faut-il pouvoir s’arrêter avant la course et prendre le temps de contempler la carte. Nous devons pour cela nous écouter, entendre battre le cœur de nos désirs et de nos amours pour savoir vers quels horizons notre être se sent appelé. Ensuite nous pourrons prendre les dispositions et diriger notre attelage vers les horizons de notre cœur en ayant soin de souvent nous écouter et de nous contempler, de nous regarder vivre pour ajuster notre route.

Le silence, la solitude et la méditation sont les outils précieux qui contrebalancent et équilibrent cette marche avec le quotidien affairé de nos existences occupées.

Lorsque je m’octroie un espace de contemplation, lorsque je regarde ma vie dans le miroir de l’introspection, je peux me pacifier et revenir à un centre et à une profondeur d’où émaneront sens et paix pour mon existence.

C’est ainsi qu’il est bon de descendre profondément dans les abysses silencieux de son être et d’y demeurer chaque jour un peu, avant de remonter vers la surface écumeuse de l’activisme où tous nous devons nous battre pour survivre et progresser en cette Terre.

Il est ainsi des temps de ressourcement, -qui ne nécessitent pas d’être forcément très longs-, où l’éclairage est donné à l’âme et à l’esprit qui en bénéficient. Ce sont des temps de contemplation et de méditation où l’intuition se donne en réponse à nos prières ou à nos questions.

Descendre dans nos eaux profondes et y chercher le silence et la solitude, nous apporte également la musique de notre être et la lumière de notre conscience. Or cette conscience s’ouvre sur la Conscience divine qui embrasse tout et englobe l’Univers. Ainsi par un peu de calme et de tendresse envers nous-mêmes, nous parvenons à être plus réceptifs au monde, plus disposés et plus forts à l’heure de comprendre notre but personnel et celui des hommes que nous côtoyons. La fréquentation des profondeurs nous ouvre ainsi à la Lumière de l’être.

Descendre en soi-même c’est descendre dans notre cœur et dans le cœur des hommes, et c’est en cherchant la solitude que l’on trouve l’amour de soi, de la Vie et d’autrui.

La Lumière est à ce prix.

* * *

This post was written by
Comments are closed.